Après la révélation de l’impact des pesticides sur la probabilité de faire de l’asthme chez les agriculteurs en 2007, plusieurs témoignages ont illustré l’ampleur du phénomène. Quelles sont les personnes susceptibles d’être atteintes ?

 

Les pesticides peuvent contribuer au développement de l’asthme. Image du domaine public.

 

L’asthme est une maladie fréquente qui touche plus de 4 millions de personnes en France. Inflammation chronique des bronches, l’asthme se caractérise par des crises, sous forme de sifflements et de gênes respiratoires. Il existe différente formes d’asthme, dont les plus graves peuvent entraîner une hospitalisation. Et si ses premières manifestations surviennent le plus souvent pendant l’enfance, l’asthme peut se déclencher à l’âge adulte suite à une exposition aux pesticides.

En 2007 lors du 17ème Congrès européen de pneumologie à Stockholm, une étude menée auprès de 20 0000 agriculteurs américains a démontré pour la première fois que les pesticides peuvent contribuer au développement de l’asthme, indépendamment des autres facteurs de risque. En analysant la prévalence à l’âge adulte d’un asthme – allergique ou non-allergique – en fonction de l’exposition individuelle à 48 pesticides différents, les résultats ont montré que le risque d’asthme était associé à l’utilisation de 16 pesticides différents. Cette étude a également révélé qu’il suffit d’une seule exposition importante à des pesticides au cours de la vie pour que le risque d’asthme chez un agriculteur soit multiplié par deux. Côté allergies, si les scientifiques attendaient une plus forte prévalence d’asthme non allergique, 129 agriculteurs souffraient d’un asthme allergique et les 323 autres d’un asthme non allergique sur les 452 agriculteurs devenus asthmatiques après l’âge de 20 ans.

 

Les riverains également touchés

 

Plus récemment, l’association Générations Futures a lancé une carte interactive concernant les produits phytosanitaires. Lancée en avril 2016, elle recense plusieurs centaines de témoignages de victimes des pesticides. On dénombre entre autre des allergies et de l’asthme, mais également des problèmes de fertilité, des fausses couches, des grossesses extra utérines, des soucis de puberté précoce ainsi que des problèmes de thyroïde. L’idée est de mettre en évidence l’impact des pesticides sur la santé afin de ne pas laisser les personnes touchées par les produits phytosanitaires en situation d’isolement. La démarche de Génération Futures est le prolongement d’une précédente enquête de l’association dévoilée en mars 2016. Celle-ci rapporte la présence de 20 pesticides en moyenne dans les foyers des riverains de zones cultivées.

 

Sarah Belnez pour Sereni Magazine.