A Copenhague au Danemark, un quartier unique nommé Christiania (Fristaden Christiania) s’autoproclame « ville libre de Christiania » depuis septembre 1971. Fondée par un groupe de hippies sur une ancienne caserne militaire, la communauté de Christiania a dû se battre pour faire perdurer ses valeurs.
 
 
Depuis 1971, Christiania est le symbole de la contre-culture mondiale, d’une société libre. Car si ses habitants ont créé leur propre monnaie et leur propre drapeau, ils ont également créé leurs propres règles. En effet, à Christiania il est par exemple interdit de venir en voiture, de courir, sous peine d’être pris pour un voleur, de prendre des photographies et de porter des gilets pare-balles. Mais avec un million de visiteurs par an, il est possible d’admirer les rues de Christiania grâce à quelques clichés volés. Car ici, il n’y a ni maire, ni police, ni caméra. Difficile donc d’empêcher les gens de faire quelques écarts au règlement. Si le quotidien n’est pas toujours rose, notamment à cause des conflits politiques, les Christianites ont trouvé un mode de vie alternatif viable.

 
 

 
 

Un peu d’histoire…

Les trois ronds jaunes du drapeau représentent les trois "i" de Christiania.
Les trois ronds jaunes du drapeau représentent les trois « i » de Christiania.

Si Christiania a vu le jour grâce à un groupe de hippies, c’est le journaliste libertaire Jacob Ludvigsen qui a imaginé cette ville libre. Dans la charte de la ville créée avec quelques participants, il explique que « l’objectif de Christiania est de créer une société autogérée dans laquelle chaque individu se sent responsable du bien-être de la communauté entière ». Il ajoute que, pour fonctionner, la communauté « doit être économiquement autonome » et que les habitants doivent garder en tête leur conviction selon laquelle « la misère physique et psychologique peut être évitée ».

 

C’est Viktor Essmann qui a choisi le nom de Christiania en référence à « Christianshavn » (le port de Christian IV). Il imagina par la suite le drapeau de cette ville devenue mythique, trois ronds jaunes sur un fond rouge, les trois « i » de Christiania. Depuis, ils sont environ 1000 à construire quotidiennement l’histoire de Christiania.

 
 
Préserver Christiania à tout prix
 
Pourtant, ce n’est pas évident tous les jours pour les Christianites de défendre les valeurs de leur communauté. Si quelques problèmes internes ont eu lieu aux débuts de Christiania à cause de la drogue, c’est avec les autorités que les difficultés persistent. En conflit perpétuel, les tensions se sont accentuées le 1er janvier 2006 lorsque la ville a perdu son statut spécial de communauté alternative. Puis, la situation a vraiment dégénérée en 2007 lorsqu’une maison a été détruite. Les Christianites se sont alors clairement opposés à la police qui a procédé à l’arrestation de 59 personnes. La commune libre de Christiania et le gouvernement danois sont finalement parvenus à un accord le 21 juin 2011. Les Christianites ont ainsi acheté en grande partie leur quartier à l’Etat, mettant fin à 40 années de conflit.
 
 
Sarah Belnez pour Sereni Magazine.